Mentions légales obligatoires sur un site : le guide complet
Mentions légales obligatoires sur un site web : ce que dit la LCEN, le contenu exact selon votre statut et où les afficher pour rester en règle.
Tout site accessible au public en France doit afficher des mentions légales. Cette obligation ne dépend ni de votre chiffre d'affaires, ni de la taille de votre activité, ni du fait que vous vendiez quelque chose. Un simple blog personnel, un site vitrine, une boutique en ligne : tous sont concernés dès qu'ils sont mis à disposition du public.
Les mentions légales servent une idée simple. Derrière chaque site se trouve une personne ou une société responsable de son contenu, et le visiteur doit pouvoir l'identifier. Un site anonyme, sans éditeur identifiable, place son propriétaire en infraction et fragilise la confiance de ses visiteurs.
Leur absence n'est pas un détail administratif. La loi qui les encadre, la loi pour la confiance dans l'économie numérique, prévoit des peines. Cet article vous donne la définition exacte des mentions légales, leur base légale, le contenu obligatoire selon votre statut, l'endroit où les afficher, et leur différence avec la politique de confidentialité et la politique de cookies.
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Que sont les mentions légales d'un site web ?
Les mentions légales sont un ensemble d'informations qui identifient la personne responsable d'un site accessible au public. Elles répondent à une question précise du visiteur ou de l'autorité : qui édite ce site, comment le contacter, et qui l'héberge.
Cette identification de l'éditeur est le cœur du dispositif. Le législateur part du principe qu'un service de communication en ligne ne peut pas rester anonyme. En cas de contenu litigieux, de réclamation ou de contrôle, il faut pouvoir remonter à un responsable clairement désigné.
Un document d'identification, pas de protection des données
Les mentions légales ne parlent pas de la façon dont vous traitez les données personnelles de vos visiteurs. Ce rôle revient à la politique de confidentialité. Les mentions légales se limitent à identifier l'éditeur, le directeur de la publication et l'hébergeur du site.
Une obligation liée à la publication en ligne
L'obligation naît dès que le site est accessible au public, indépendamment de son objet. Un site vitrine sans formulaire, un blog gratuit, une association, une entreprise individuelle : tous entrent dans le champ. Seul un espace strictement privé, réservé à un cercle fermé et non ouvert au public, échappe à la règle.
L'essentiel à retenir
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La base légale : l'article 6-III de la LCEN
L'obligation de publier des mentions légales découle de l'article 6-III de la loi pour la confiance dans l'économie numérique, dite LCEN, adoptée le 21 juin 2004. Ce texte impose à toute personne qui édite un service de communication au public en ligne de se rendre identifiable.
Ce que dit précisément la loi
L'article 6-III distingue deux situations. Pour les éditeurs professionnels, la loi exige un socle d'informations complet : identité, coordonnées, immatriculation, responsable de la publication. Pour les éditeurs non professionnels, elle autorise une identification allégée, mais uniquement en apparence, car les coordonnées complètes doivent tout de même être communiquées à l'hébergeur.
Un principe reste constant. Aucun éditeur ne peut être totalement anonyme. Même le particulier qui préserve sa vie privée sur son site doit être joignable à travers son hébergeur, dont les coordonnées, elles, sont toujours publiques.
Les sanctions prévues par la LCEN
La LCEN ne se contente pas d'énoncer une obligation, elle assortit son non-respect de peines. Le texte prévoit jusqu'à un an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour une personne physique, un montant porté à 375 000 euros pour une personne morale. Ces peines constituent un plafond fixé par la loi, appliqué par le juge selon la gravité des faits.
Au-delà du risque pénal, l'absence de mentions légales prive votre site de crédibilité. Un visiteur qui ne trouve aucune identité derrière un site hésite à commander, à s'inscrire ou à transmettre ses coordonnées.
Le rôle de la CNIL et des autorités
Les mentions légales relèvent d'abord de la LCEN, pas directement du RGPD. La CNIL intervient sur le volet données personnelles, à travers la politique de confidentialité et la gestion des cookies. Pour les mentions légales elles-mêmes, le contrôle du contenu obligatoire peut relever de la répression des fraudes, notamment pour les activités de commerce en ligne.
Le contenu obligatoire selon votre statut
Le contenu exact de vos mentions légales dépend de votre statut juridique. Un particulier, une société et un e-commerçant n'ont pas les mêmes obligations. La liste ci-dessous détaille les éléments à publier dans chaque cas.
Si vous êtes un particulier
Un particulier qui édite un site à titre non professionnel bénéficie d'un régime allégé. Il peut préserver son anonymat vis-à-vis du public, à condition d'avoir communiqué ses coordonnées complètes à son hébergeur.
- Identité à conserver chez l'hébergeur : nom, prénom, domicile et numéro de téléphone, transmis à l'hébergeur qui les tient à disposition des autorités.
- Coordonnées de l'hébergeur : dénomination, adresse et numéro de téléphone de l'hébergeur, à publier sur le site.
- Directeur de la publication : la personne responsable du contenu publié, généralement l'éditeur du site.
Si vous êtes une société ou un professionnel
Un éditeur professionnel, société ou entrepreneur individuel exerçant une activité, doit afficher un socle d'informations complet et public.
- Dénomination ou raison sociale : le nom officiel de la structure, ou les nom et prénom pour un entrepreneur individuel.
- Adresse du siège social : l'adresse physique de l'établissement.
- Coordonnées de contact : numéro de téléphone et adresse e-mail permettant de joindre l'éditeur.
- Numéro d'immatriculation : le numéro RCS et la ville du greffe pour une société commerciale, le numéro au répertoire des métiers pour un artisan.
- Capital social : le montant du capital, pour les sociétés qui en disposent.
- Numéro de TVA intracommunautaire : obligatoire dès lors que l'entreprise y est assujettie.
- Directeur de la publication : nom du responsable de la publication, souvent le représentant légal.
- Hébergeur : nom, dénomination sociale, adresse et numéro de téléphone de l'hébergeur du site.
- Ordre ou autorité de tutelle : pour les professions réglementées, la référence aux règles professionnelles et à l'autorité de rattachement.
Si vous êtes un e-commerçant
Un site de vente en ligne cumule les mentions de la société avec des obligations issues du Code de la consommation. En vendant à distance, vous devez renforcer l'information du consommateur.
- Toutes les mentions de la société : dénomination, adresse, RCS, capital, TVA, directeur de la publication et hébergeur.
- Conditions générales de vente : accessibles et opposables, elles précisent prix, livraison, droit de rétractation et garanties.
- Médiateur de la consommation : les coordonnées du dispositif de médiation auquel le professionnel adhère.
- Coordonnées renforcées : un moyen de contact rapide et effectif, pour toute réclamation liée à une commande.
Vous vendez en ligne ? Complétez vos mentions par des conditions générales de vente adaptées à votre activité.
Particulier, société, e-commerçant : le comparatif
Les obligations se recoupent en partie, mais chaque statut ajoute ses propres exigences. Ce tableau résume les mentions à publier selon votre situation.
| Mention obligatoire | Particulier | Société | E-commerçant | |
|---|---|---|---|---|
| Identité complète publiée | Non, tenue chez l'hébergeur | Oui | Oui | |
| Adresse du siège | Non publique | Oui | Oui | |
| Numéro RCS ou RM | Non | Oui | Oui | |
| Capital social | Non | Oui si applicable | Oui si applicable | |
| TVA intracommunautaire | Non | Oui si assujetti | Oui si assujetti | |
| Directeur de la publication | Oui | Oui | Oui | |
| Coordonnées de l'hébergeur | Oui | Oui | Oui | |
| Conditions générales de vente | Non | Selon activité | Oui | |
| Médiateur de la consommation | Non | Non | Oui |
Une ligne oubliée suffit à rendre vos mentions incomplètes. Notre outil les génère selon votre statut → Générateur de mentions légales
Où et comment afficher vos mentions légales
Les mentions légales doivent être facilement accessibles depuis n'importe quelle page du site. En pratique, un lien permanent dans le pied de page, visible sur l'ensemble des pages, remplit cette exigence.
Un accès permanent et direct
Placez un lien clairement intitulé « Mentions légales » dans le pied de page. Ce lien doit rester présent sur toutes les pages, y compris la page d'accueil, et mener directement à une page dédiée. Un accès enfoui à trois clics de profondeur ne respecte pas l'esprit du texte.
Une page dédiée et lisible
Regroupez l'ensemble des informations sur une page unique, distincte de la politique de confidentialité et des conditions générales. Chaque document a sa page. Mélanger les trois nuit à la lisibilité et complique leur mise à jour.
Comment les rédiger sans rien oublier
Rédiger des mentions légales revient à collecter des informations exactes et à les présenter clairement. Suivez ces étapes.
- Rassemblez vos informations légales : extrait Kbis pour une société, numéro SIREN, capital social, numéro de TVA intracommunautaire.
- Identifiez votre hébergeur : retrouvez sa dénomination, son adresse et son téléphone dans votre contrat ou votre espace client.
- Désignez le directeur de la publication : en général le représentant légal ou la personne responsable du contenu.
- Adaptez selon votre statut : ajoutez les CGV et le médiateur si vous vendez en ligne, les règles professionnelles si votre activité est réglementée.
- Publiez et maintenez à jour : révisez la page à chaque changement d'adresse, de capital, de dirigeant ou d'hébergeur.
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Mentions légales, politique de confidentialité et politique de cookies
Ces trois documents sont souvent confondus. Ils répondent pourtant à des lois différentes et remplissent des rôles distincts. Les réunir sur une même page ou les traiter comme un seul texte est une erreur fréquente.
Les mentions légales : identifier l'éditeur
Elles reposent sur l'article 6-III de la LCEN. Leur objet est l'identification de l'éditeur, du directeur de la publication et de l'hébergeur. Elles ne disent rien du traitement des données personnelles.
La politique de confidentialité : informer sur les données
Elle repose sur les articles 13 et 14 du RGPD. Elle informe les personnes sur les données collectées, les finalités, la base légale, les durées de conservation et les droits. Le responsable de traitement y est identifié, mais l'objet est la transparence sur les données, pas l'identification de l'éditeur. Pour la rédiger, consultez notre guide dédié à la politique de confidentialité.
La politique de cookies : encadrer les traceurs
Elle repose sur l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, qui transpose la directive ePrivacy. Elle détaille les cookies déposés, leurs finalités et leurs durées, et s'articule avec le recueil du consentement. Pour comprendre la frontière exacte avec la politique de confidentialité, lisez notre comparatif politique de cookies contre politique de confidentialité.
Trois lois, trois documents, trois pages distinctes. Les confondre expose à des manquements sur chacun des trois plans.
Les erreurs courantes à éviter
Certaines omissions reviennent régulièrement. Les repérer vous évite une non-conformité facile à corriger.
- L'absence pure et simple : un site sans aucune page de mentions légales, l'erreur la plus directe et la plus sanctionnable.
- Oublier l'hébergeur : la dénomination, l'adresse et le téléphone de l'hébergeur manquent, alors qu'ils sont exigés dans tous les cas.
- Confondre les documents : mélanger mentions légales, politique de confidentialité et politique de cookies sur une même page brouille chacun d'eux.
- Un capital ou une adresse périmés : les informations de la société changent, la page reste figée et ne reflète plus la réalité.
- Copier les mentions d'un autre site : reprendre le texte d'un concurrent y laisse ses coordonnées et ses immatriculations, ce qui rend vos mentions fausses.
- Oublier les CGV en e-commerce : un site marchand sans conditions générales de vente ni médiateur de la consommation reste incomplet.
Évitez ces oublis en générant une page adaptée à votre statut → Générateur de mentions légales
Questions fréquentes
Un site vitrine sans vente doit-il des mentions légales ? Oui. L'obligation naît de la mise à disposition du public, pas de la vente. Un site vitrine, un blog ou une page de présentation d'entreprise doivent afficher des mentions légales identifiant l'éditeur et l'hébergeur, même sans aucune transaction.
Un particulier peut-il rester anonyme sur son site ? En partie. Un particulier non professionnel peut ne pas publier son identité, à condition d'avoir transmis ses nom, prénom, adresse et téléphone à son hébergeur. Les coordonnées de l'hébergeur, elles, restent toujours publiques sur le site.
Que risque-t-on sans mentions légales ? La LCEN prévoit jusqu'à un an d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende pour une personne physique, un montant porté à 375 000 euros pour une personne morale. Ces peines constituent un plafond appliqué par le juge selon la gravité des faits. S'ajoute une perte de crédibilité auprès des visiteurs.
Les mentions légales remplacent-elles la politique de confidentialité ? Non. Les mentions légales reposent sur la LCEN et identifient l'éditeur. La politique de confidentialité repose sur les articles 13 et 14 du RGPD et informe sur le traitement des données personnelles. Ce sont deux documents distincts, à publier séparément.
Faut-il indiquer un numéro de TVA dans les mentions légales ? Oui, dès lors que l'entreprise est assujettie à la TVA. Le numéro de TVA intracommunautaire fait partie des mentions obligatoires pour une société. Une micro-entreprise en franchise de TVA n'y est pas soumise tant qu'elle reste sous les seuils.
Où placer les mentions légales sur mon site ? Dans le pied de page, à travers un lien permanent intitulé « Mentions légales », présent sur toutes les pages et menant à une page dédiée. L'accès doit être direct et permanent, sans obliger le visiteur à chercher.
Passez de la théorie à une page conforme
Vous connaissez maintenant le contenu exact de vos mentions légales selon votre statut. Reste à les rédiger sans oublier une ligne, ce qui prend quelques minutes avec le bon outil.
Générez vos mentions légales conformes
Répondez à quelques questions sur votre statut et obtenez une page de mentions légales complète, à jour de la LCEN, prête à publier sur votre site.
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